Le week-end des 11 et 13 septembre, les émissaires de Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, se sont rendus à Moscou et à Kiev. Une visite qui rappelle que, même s’il est englué dans sa guerre contre l’Iran, l’impérialisme américain veut garder un œil sur cette portion du monde.
Sur le terrain, la guerre, elle, continue de frapper les populations
Le 13 septembre, la Russie a bombardé un train civil, proche de la frontière avec la Pologne – une attaque qui, selon les dirigeants européens, aurait visé un autre train transportant l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson… Quelques heures plus tard, une attaque russe sur un entrepôt d’une entreprise agricole a fait trois morts et sept blessés. Dans la nuit, une attaque ukrainienne contre une raffinerie avait tué deux personnes de l’autre côté de la frontière.
Ces dernières semaines, de grandes villes d’Ukraine, dont sa capitale, ont été touchées par des frappes meurtrières et dévastatrices.
Ralentissement économique en Russie…
Si la Russie semble avoir intensifié ses attaques ces derniers jours, c’est aussi sans doute parce qu’à l’intérieur, la situation économique du pays se détériore, avec une inflation galopante, que les hausses de salaire accordées par le régime au début de la guerre ne peuvent pas compenser. Poutine a lui-même reconnu le 1er septembre que les attaques de drones ukrainiens « ont causé de réels dommages […], environ 1 % du produit intérieur brut ».
De nombreuses entreprises ferment ou ralentissent leur activité et, dans le secteur public, des coupes budgétaires sont prévues dans l’éducation et la santé dans un certain nombre de régions, comme en Yakoutie ou à Irkoutsk.
… Et peur d’une crise sociale et politique
Fin août, lors d’une conférence, l’économiste en chef de la banque de développement russe, la Vnesheconombank, avait averti de risques d’une « crise sociale » qui pouvait éclater « au moment où personne ne s’y attendra particulièrement ». Il a été immédiatement licencié par le Kremlin. Mais l’inquiétude gagne un certain nombre de cercles dirigeants.
Le bruit court que Poutine attendrait la fin des élections législatives pour lancer une nouvelle campagne de mobilisation. La précédente – et seule campagne de mobilisation jusqu’à présent – avait provoqué des émeutes, et des centaines de milliers de personnes avait fui le pays pour y échapper.
En Ukraine aussi, le régime affaibli
Du côté ukrainien, la situation n’est pas vraiment meilleure pour Zelensky, qui a choisi de lier son destin politique à la politique va-t-en guerre affichée des impérialistes européens. L’été a été marqué par des émeutes contre la « busification » – le néologisme créé pour désigner l’enlèvement de jeunes gens en âge de combattre dans la rue pour les mener en bus dans des centres de recrutement de l’armée. En 2025, la police a recensé 341 « agressions » contre des agents de recrutement. En juillet 2026, elle en dénombrait déjà plus de 120.
Des difficultés qui mènent à des affrontements entre bureaucrates et politiciens ukrainiens : le ministre des Armées, Fedorov, très populaire, a brutalement été limogé par Zelensky, provoquant des manifestations dans le pays.
Aurélien Perenna
