Depuis le 7 octobre 2023, les forces israéliennes ont tué plus de 1 100 Palestiniens en Cisjordanie, dont plus de 240 enfants. Le quotidien de la population, ce sont les contrôles incessants, arrestations, détentions arbitraires, destructions, violences et expulsions, par des colons armés et protégés par l’État, dont ils mènent la politique expansionniste.
Le 8 septembre, les ministres des Affaires étrangères de douze pays (dont le Canada, l’Espagne, la France et le Royaume-Uni) ont dit envisager des restrictions commerciales contre les produits issus des colonies de Cisjordanie, voire, pour le Royaume-Uni, des sanctions contre les entreprises de construction et d’immobilier dont les services contribuent à leur expansion, et les individus ayant commis ou encouragé des violences.
Ces mesures ne mangent pas de pain : les importations en Europe de produits issus des colonies représentent environ 100 millions d’euros par an, soit 0,6 % du total des 15 milliards d’euros d’exportations israéliennes. Quant au financement de la colonisation, il est déjà illégal dans l’Union européenne et au Royaume-Uni, ce qui n’empêche pas des organisations dites « humanitaires » basées en Europe ou en Amérique du Nord d’utiliser l’argent des dons pour financer les équipements militaires des colons. Autant de détournements sur lesquels les autorités ferment complaisamment les yeux depuis des années.
Pendant ce temps, rien que depuis le début du mois de septembre, les frappes israéliennes ont encore tué au moins 34 personnes au Liban (dont 27 morts et 69 blessés entre le 5 et le 7 septembre) et 20 dans la bande de Gaza… Sans trop émouvoir les douze ministres.
Jean-Baptiste Pelé
