
Samedi 31 octobre, des centaines de milliers de manifestants ont de nouveau battu le pavé dans toutes les grandes villes du pays malgré les interdictions de parcours et les menaces du gouvernement. Cela fait plus d’un mois, vacances scolaires comprises, que lycéens et étudiants ont entamé cette lutte, déterminés à l’emporter pour leurs revendications. Ils vont reprendre de plus belle les blocages de leurs établissements et appellent à les rejoindre en manifestant avec eux dès mardi 3 novembre.
Une répression inédite qui prouve la trouille d’un gouvernement aussi haï que discrédité
Nuñez, ministre de l’Intérieur, clame haut et fort son soutien total aux forces de police, qu’il envoie gazer, éborgner et mutiler des lycéens. Quant à Lecornu, il reçoit les syndicats lycéens et étudiants. Pour tenter d’éteindre la colère avant le 5 novembre, il lâche des miettes : 15 000 places à l’université, alors qu’il en faudrait des centaines de milliers, le relookage de Parcoursup mais pas la fin du tri social, 500 postes d’enseignants en lycée, alors que des milliers ont été supprimés, 28 élèves par classe en seconde, mais combien en première et terminale ? Sans oublier des prêts à taux réduit pour les collectivités, qui auront ainsi le droit de s’endetter pour rénover le bâti scolaire !
Ces annonces ont aussitôt été dénoncées comme insuffisantes par l’ensemble des jeunes mobilisés. Mais elles les ont aussi encouragés à intensifier la lutte : ce gouvernement n’avait que l’austérité à la bouche, voilà qu’il annonce sortir le portefeuille !
Une lutte qui rayonne partout dans le pays… et à l’international
Car le vrai problème du gouvernement, c’est que les revendications lycéennes et étudiantes, parties des quartiers les plus populaires, font écho à celles du monde du travail. C’est contre la vie chère que les manifestations du samedi ont été lancées. Nos salaires fondent comme neige au soleil face à l’inflation des prix de l’alimentation, du carburant, des logements. Les services publics sont sacrifiés, non seulement l’éducation, mais aussi la santé, les transports publics et tout ce qui est utile à la population, pour mieux arroser de milliards de subventions grandes entreprises et actionnaires. C’est cette colère sociale qui s’est exprimée trois samedis d’affilée.
Une colère contagieuse au-delà des frontières. En Allemagne, plusieurs dizaines de milliers de jeunes ont manifesté le 31 octobre contre la vie chère, les coupes budgétaires dans les services publics et le retour du service militaire. En Italie, une grève générale a eu lieu le 30 octobre : des manifestations réunissant des centaines de milliers de personnes ont rassemblé lycéens, étudiants, retraités et travailleurs de nombreux secteurs, autour des mêmes préoccupations qu’en France et en Allemagne. Les salariés des ports italiens ont bloqué les quais, se mobilisant contre les exportations d’armes.
Les jeunes ont ouvert une brèche : aux travailleurs de l’élargir par la grève générale
Le gouvernement et l’extrême droite s’entendent pour appeler au retour « à l’ordre » et attiser en même temps le racisme. Nul doute désormais que l’attentat islamophobe de Trappes est une conséquence directe de ces discours de haine. À l’inverse de ces tentatives de diversion, la jeunesse met en avant les véritables problèmes : vivre et non pas survivre, pouvoir se loger, avoir accès à des services publics dignes de ce nom, ne pas se résigner face à la course aux milliards pour une minorité de possédants et la montée du militarisme.
Le 5 novembre, les confédérations syndicales appellent enfin les travailleurs de tous les secteurs à faire grève et à se mobiliser : oui, il est temps de rejoindre le mouvement avec la conscience qu’il faudra s’organiser à la base pour que cette journée marque le début d’un mouvement d’ensemble dans la durée, pour aller vers la grève générale.
Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 2 novembre 2026
