Le gouvernement a jusqu’au 2 décembre pour transposer dans le droit français la directive européenne imposant la présomption de salariat aux travailleurs des plateformes de livraison, livreurs à vélo, chauffeurs de VTC, mais aussi aides à domicile ou extras dans l’hôtellerie-restauration. Actuellement, beaucoup de ces salariés sont embauchés sous le statut bidon d’auto-entrepreneur qui les prive de nombre de leurs droits et d’une bonne partie des protections prévues par le Code du travail. Mais le ministère du Travail vient d’annoncer que cette transposition n’aurait pas lieu avant la fin du quinquennat. Pour « aménager » la directive européenne, il a créé un groupe de travail dont les conclusions vont complètement à rebours des progrès proposés par Bruxelles. Elles proposent un nouveau statut, qui accorderait un peu plus de protection aux travailleurs des plateformes, tout en exonérant les employeurs de toute obligation, à commencer par le paiement des cotisations patronales. Les plateformes seraient juridiquement protégées contre les risques de requalification, Aux prud’hommes les procédures seraient accélérées et priorité serait donnée aux éléments fournis par les donneurs d’ordre. Enfin les travailleurs n’auraient toujours pas accès automatiquement aux données les concernant (horaires, rémunérations, conditions de travail…) stockées par les patrons. Uber Eats, Delivero et autre Just Eat peuvent dormir sur leurs deux oreilles.