Le 5 novembre 2018, trois immeubles vétustes de la rue d’Aubagne, dans le quartier populaire de Nouailles, s’effondraient, entrainant la mort de huit personnes. Sous l’égide de la cour d’appel d’Aix-en-Provence, et à la demande du parquet qui avait jugé les peines prononcées en juillet de l’année dernière en première instance trop légères, vient de s’ouvrir le nouveau procès d’une quinzaine de personnes. Au banc des accusés, notamment un ancien adjoint au maire chargé de la prévention des risques, un expert-architecte qui avait bâclé une visite de l’immeuble quelques jours avant son effondrement, des copropriétaires et des syndics des deux immeubles. Les audiences sont prévues jusqu’au 19 décembre. Mais, au-delà de ce drame particulier, c’est en fait l’habitat indigne de la cité phocéenne qui est en cause. Car si la préfecture des Bouches-du-Rhône ne représente que 1,3 % de la population française elle cumule près de 10 % du volume national de logements indignes. Sur l’ensemble de la ville on dénombre près de 40 000 habitats dégradés alors que 40 % des locataires vivent sous le seuil de pauvreté. Là encore, c’est d’abord et avant tout la misère qui tue.
