Dimanche dernier, à l’appel de partis de gauche, d’associations laïques et d’étudiants, plusieurs millions de personnes, dont un million dans la capitale, New Delhi, ont manifesté pour protester contre le « nettoyage » des listes électorales effectué par le Bharatiya Janara Party, la formation hindouiste d’extrême droite du Premier ministre Narendra Modi, au pouvoir depuis 2014. Les autorités électorales soutiennent, quant à elles, que l’opération vise à simplement éliminer les doublons, les défunts et les fraudeurs. Mais dans la pratique, elle a fait disparaître des listes électorales 135 millions d’électeurs et d’électrices (sur un total d’un peu moins d’un milliard) appartenant essentiellement à la minorité musulmane (200 millions de personnes), mais a aussi touché les régions où l’opposition est forte. Depuis des années, les musulmans indiens sont persécutés, déplacés, emprisonnés et leurs maisons et mosquées souvent détruites. Le bidonnage des listes électorales n’est que le dernier exemple de cette politique.