Et non, ce mouvement de lycéennes et lycéens, ce n’est pas une petite bande de casseurs. Ce sont quelques centaines de milliers de jeunes qui sont descendus dans la rue, avec des milliers de pancartes déroulant leurs revendications. Ils savent ce qu’ils veulent, des revendications les plus petites mais vitales jusqu’au besoin d’une autre société, sans ségrégation sociale, sans misère, sans racisme, sans guerre. Et ils ont entraîné avec eux des étudiantes et étudiants, des profs, des militants syndicaux du public et du privé. N’en déplaise au gouvernement, ce n’est pas demain que va se faire le retour en classe, sur ces promesses mensongères du ministre de l’Éducation. Et les lycéens n’oublient pas les plus de 5 000 arrestations en moins d’une semaine, le lycéen éborgné par un tir de LBD à Tours, la mâchoire défoncée par un tir de grenade à bout portant à Saint-Ouen-l’Aumône, la main arrachée d’un autre encore à Lens.

15 ans, 18 ans, ils militent pour leur avenir !

Les lycéennes et lycéens, des milieux ouvriers, populaires, ne veulent plus de ces classes bondées à plus de 30, dans des locaux vétustes, surchauffés au gré des épisodes caniculaires ou inondés lorsqu’il pleut. Ils ne veulent plus d’établissements sans profs remplacés, sans infirmière ou psychologue. Ils ne veulent plus de ce Parcoursup qui est une machine à tri social, une machine à broyer les espoirs à coups d’algorithmes, et qui fabrique des recalés, des « sans-facs », des « tu feras ça même si ça ne te plaît pas ». Ce mouvement, c’est aussi celui d’une génération qui ne veut pas marcher au rythme des marchands de canons, subir mépris social et racisme d’État, qui ne veut pas voir le RN arriver au pouvoir et qui se sent solidaire du peuple palestinien.

« C’est qui les casseurs ? »

Contre ces jeunes, le pouvoir a lâché ses flics et ses médias aux mains de milliardaires, pour nous passer en boucle les prétendus dégâts qu’ils auraient faits. Mais c’est qui, les casseurs d’emplois, de salaires, de conditions de travail, d’APL, de retraites désindexées par rapport à l’inflation ? C’est qui, les casseurs de vies quand nos poches sont vidées par l’envolée des prix ? Le budget Lecornu qui est actuellement en discussion au Parlement n’envisage de restreindre que les moyens de vie des travailleurs et des plus pauvres. Les casseurs sont au gouvernement et ils sont les porte-flingue des bourgeois qui engrangent les milliards de génération en génération – les Bernard Arnault, les Bolloré, les Pouyanné et tant d’autres…

Les lycéennes et les lycéens ont ouvert la voie

Ça fait des années qu’on attend l’occasion de ne plus les laisser régenter nos vies, s’enrichir sur notre travail, laisser une terre brûlée aux générations futures. L’élection présidentielle de 2027 n’y changera rien : aucune chance que le gouvernement qui en sortira ne représente notre camp social.

Celles et ceux qui ont été aux côtés des jeunes mobilisés mardi 6 octobre, à l’appel de l’intersyndicale de l’éducation, de certaines fédérations de travailleurs du public et de la santé, de sections syndicales du privé aussi, ont eu raison et il faut que ce cercle s’élargisse. Il faut que la police dégage des parvis des lycées, que la justice relaxe tous les jeunes poursuivis. Et, puisque leurs revendications rejoignent les nôtres, pour plus de justice sociale et de dignité, embrayons vers un mouvement d’ensemble.

Les jeunes l’ont dit : ils ne s’arrêteront pas d’ici les vacances. Le pouvoir peut fermer les facs et les lycées, ils seront là. D’ailleurs, le premier samedi des vacances, c’est… le 17 octobre, l’appel à manifester contre la flambée des prix ! Ce serait une sacrée belle façon de les commencer en envahissant à nouveau et plus nombreux encore les rues du pays à leurs côtés !

Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 6 octobre 2026

 

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